Eloge du flou
Le flou, ce sont ces zones dont on ne sait distinguer ce qui les compose
C’est dans ces zones que s’élabore le devenir de ce qui émergera à notre perception
Le flou ne peut être décrit que par sa disparition, dans l’acte créateur, au profit de la séparation qui répondra à notre besoin de classification, de netteté
Cette netteté que nous cherchons nous rassure par sa permanence et nous permet de voir le futur avec les yeux du passé
Le flou, c’est la chrysalide, intermédiaire entre chenille et papillon
C’est la matrice de notre réalité
C’est dans le flou que s’opère tout changement en nous ; c’est lui qui permet toute évolution
Le flou semble indifférenciation et pourtant contient toute la violence potentielle, et donc les contradictions de son futur
Le flou est la condition de la flèche du temps
Le flou est l’instant éternel de bascule entre ce qui était et ce qui sera